En ce dernier mois de l’année 2025, les déplacements vers Port-au-Prince demeurent marqués par une vive inquiétude, comparativement à certaines l’année précédente . À l’approche de la nouvelle année, cette situation suscite de fortes préoccupations, selon des informations recueillies auprès de propriétaires de compagnies de transport interurbain basées au Cap-Haïtien.
Cette tension s’explique principalement par la recrudescence des violences armées attribuées au gang « Viv Ansanm », qui continue de perturber la circulation sur plusieurs axes routiers menant à la capitale. Les passagers, de plus en plus réticents, voyagent dans un climat de peur permanent.
Par ailleurs, le coût du transport a connu une hausse significative. Les frais supplémentaires, imposés notamment par les compagnies de bus ont entraîné une augmentation pouvant atteindre 6 000 gourdes par passager, selon des responsables du secteur de transport .
Au cours des derniers jours, plusieurs attaques armées ont été signalées dans des zones proches des principaux points de passage vers Port-au-Prince, accentuant l’insécurité sur la route. Des compagnies de transport interurbain ont été directement ciblées par des actes de violence.
Malgré ces risques élevés, chauffeurs de bus et de tap-tap bravé de l’insécurité continuent d’assurer les trajets afin de répondre à la forte demande de réservation en cette fin d’année, une période traditionnellement marquée par un afflux de passagers vers la capitale.
Des sources proches du secteur des transports indiquent que lorsque les gangs autorisent momentanément la circulation des véhicules, cette ouverture s’inscrirait dans une stratégie de contrôle économique. En laissant passer les bus, les groupes armés chercheraient à prouver leur autorité tout en tirant profit des axes routiers qu’ils dominent.
Cette situation met en lumière l’extension progressive de l’influence des gangs sur les principales voies terrestres de communication reliant la capitale au reste du pays, accentuant la vulnérabilité des usagers et la fragilité du réseau de transport national en Haïti.
