Depuis ce lundi 27 juillet 2026, le Statut de Protection Temporaire (TPS) a officiellement pris fin pour les ressortissants haïtiens aux États-Unis. Entre 300 000 et 350 000 personnes perdent du même coup leur permis de travail et leur protection contre l’expulsion. « C’est l’heure de la fermeture », a résumé un porte-parole du DHS, cité par ABC News.

Washington retire sa protection tout en maintenant Haïti au niveau 4 de ses alertes voyage « ne pas voyager » à cause des gangs, des enlèvements et de l’instabilité. Human Rights Watch a dénoncé le risque d’un retour forcé vers un pays où la sécurité des personnes ne peut être garantie. Sur le terrain, les gangs contrôlent aujourd’hui jusqu’à 90 % de Port-au-Prince, selon l’ONU, qui parle désormais d’une crise de gouvernance plus que d’une simple insécurité. Le directeur de l’Office national de la migration, Jean Négot Bonheur Delva, évoque déjà des vols de déportation hebdomadaires d’environ 250 personnes.

Face à cette échéance connue depuis des mois, aucun plan officiel n’a été présenté par l’État haïtien pour accueillir un retour massif. En Haïti, la société civile s’en inquiète déjà : le défenseur des droits humains Antonal Mortimé a publiquement dénoncé, dans Le National, ce silence des autorités, y voyant les limites de la diplomatie du gouvernement Fils-Aimé un gouvernement qui peine lui-même à sécuriser le pays.

Personne ne peut répondre avec certitude, faute de plan gouvernemental publié. Ce qui est vérifiable : un marché de l’emploi fragilisé, des écoles et hôpitaux fermés dans plusieurs zones, une insécurité alimentaire généralisée. Près de 200 000 Haïtiens sous TPS travaillaient aux États-Unis, notamment dans l’agriculture et la santé une main-d’œuvre qualifiée pour laquelle aucune stratégie de réinsertion n’existe à ce jour. Des avocats américains conseillent aux personnes concernées de consulter rapidement un professionnel : asile, réunification familiale ou autre statut restent parfois possibles, au cas par cas.

Le DHS n’a pas confirmé de calendrier précis pour les opérations d’expulsion à grande échelle. Aucun plan d’accueil haïtien n’a été rendu public. Sur ces deux points, on ne peut que constater l’absence d’information pas l’inventer.

Des centaines de milliers de familles vivent désormais dans l’incertitude, des deux côtés de la frontière. Le silence, lui, n’est pas une réponse.