Le parti politique haïtien « Konvansyon pou Refondasyon Nasyon an » (KORE-N) a publié dimanche une déclaration virulente condamnant ce qu’il qualifie d’agression armée des États-Unis contre le Venezuela dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026.
Dans un communiqué signé par son président Ricard Pierre et son responsable de communication Danielo Féquière, KORE-N exprime sa « stupéfaction » face aux événements rapportés : bombardements du territoire vénézuélien et l’enlèvement présumé du président Nicolas Maduro ainsi que de son épouse par les autorités américaines.
L’organisation politique haïtienne dénonce une violation flagrante du droit international, citant notamment la Charte des Nations-Unies et la Convention de Vienne de 1961. « Autant de dispositions aujourd’hui foulées aux pieds par ceux-là mêmes qui sont censés en être les garants », déplore le parti.
Pour KORE-N, cette intervention s’inscrit dans une logique néocoloniale visant à s’approprier les ressources pétrolières et minières du Venezuela. Le parti y voit une tentative des États-Unis de « retarder leur déclin irréversible » en modifiant « les flux financiers, énergétiques et technologiques au détriment de tous ».

L’organisation établit un parallèle historique entre Haïti et le Venezuela, rappelant les liens forgés lors des luttes d’indépendance, lorsque les héros vénézuéliens Miranda et Bolívar ont bénéficié du soutien des leaders haïtiens Jacques 1er et Pétion contre le système colonial esclavagiste.
KORE-N appelle les organisations mondiales et régionales à déployer des efforts diplomatiques pour contraindre les États-Unis à « reconnaître son erreur » et à rétablir le statu quo ante, afin d’éviter « tout risque d’embrasement régional et mondial ».
« Le peuple haïtien, solidaire de tous les peuples opprimés, ne peut rester silencieux devant cette nouvelle agression impérialiste », conclut la déclaration, qui appelle à « la vigilance, à la mobilisation internationale et à la résistance morale face à toutes formes de domination ».
Le parti réaffirme ainsi sa position anti-impérialiste et son attachement aux principes de souveraineté des peuples et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.
