Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de la Communauté caribéenne (CARICOM) et datée du 2 juillet 2026, Lekendy Marcellus, citoyen haïtien engagé, juriste de formation et titulaire d’un Master en Leadership et Développement, interpelle l’organisation régionale sur son rôle dans la facilitation du dialogue politique en Haïti.

Le signataire rappelle que la crise institutionnelle haïtienne s’est aggravée depuis l’assassinat du Président de la République en juillet 2021, plongeant le pays dans une instabilité marquée à la fois par l’insécurité, la criminalité organisée et une précarité socio-économique généralisée.

Dans son texte, Lekendy Marcellus soumet quatre questions à l’institution régionale :

• La communauté internationale, via la CARICOM, demeure-t-elle réellement engagée dans la recherche d’une sortie de crise durable pour Haïti ?

• Le processus de dialogue en cours rompt-il véritablement avec les approches antérieures, ou reproduit-il des schémas déjà expérimentés ?

• Pourquoi la jeunesse haïtienne reste-t-elle largement absente des principaux espaces de décision politique ?

• Quelles justifications expliquent la persistance d’un modèle de médiation jugé peu ouvert à l’émergence de nouvelles compétences ?

L’auteur précise que ces questions ne relèvent pas, selon lui, d’une logique de confrontation, mais d’une exigence de lucidité face à la situation du pays.

Le signataire avance une proposition concrète : la mise en place d’une bicéphalité exécutive transitoire issue, d’une part, des milieux universitaires et, d’autre part, de la Cour de cassation. Selon lui, ces deux institutions bénéficieraient d’une légitimité morale et d’une représentativité suffisantes pour occuper cet espace, en l’absence, selon ses propres termes, de « prévisions constitutionnelles et juridiques clairement établies ».

Il précise que cette démarche viserait, dans le respect des principes constitutionnels, à rétablir l’autorité de l’État, renforcer la sécurité nationale et créer les conditions d’élections crédibles et inclusives.

Lekendy Marcellus insiste sur le rôle que pourrait jouer, selon lui, la jeunesse haïtienne dans les universités, la société civile, les entreprises et les collectivités locales dans la reconstruction du pays. Il appelle la CARICOM à « faire preuve d’audace historique » en ouvrant davantage les mécanismes de dialogue à cette génération.