Il n’a pas encore quarante ans. Il n’a pas encore occupé de grand poste. Mais à Cap-Haïtien, dans le département du Nord, beaucoup connaissent déjà son nom. Frantz Azémar est de ces rares jeunes qui, au lieu d’attendre que les choses changent, décident de les changer eux-mêmes. Tranquillement. Sérieusement. Avec méthode.

Frantz Azémar n’a pas attendu d’être nommé à un poste pour agir. Bien avant sa récente désignation comme Coordonnateur national du parti En Avant, il s’était déjà imposé dans son milieu comme un homme de terrain. Enseignant de formation, diplômé en agronomie avec une spécialisation en agroéconomie et développement durable, il a très tôt fait le choix d’orienter son énergie vers la jeunesse et l’éducation.

Dans ses classes et dans les espaces communautaires du Nord, il a introduit des discussions sur la citoyenneté, la gouvernance et la responsabilité publique. Des sujets que l’on n’enseigne pas assez dans les écoles haïtiennes, mais que lui considère comme fondamentaux. « Former un jeune à lire et à écrire, c’est bien. Le former à comprendre son rôle dans la société, c’est mieux », résume-t-il.

Cette conviction l’a conduit à multiplier les initiatives concrètes : ateliers de formation, rencontres communautaires, programmes d’éveil politique pour les jeunes du Cap-Haïtien et des communes environnantes. Des actions modestes en apparence, mais qui ont construit, au fil des années, une réputation solide.

Dans un pays où la politique est souvent synonyme de précipitation, de raccourcis et de coups d’éclat, Frantz Azémar détonne. Il avance lentement. Délibérément. Son ascension dans la vie politique haïtienne n’est pas le fruit d’un coup de chance ou d’une manœuvre d’arrière-scène. Elle est le résultat d’un travail patient, construit sur la confiance des gens qui le connaissent.

Ceux qui l’ont côtoyé parlent d’un homme droit. Cohérent. Ce que l’on appelle, dans le langage courant, un homme de parole. Il ne promet pas ce qu’il ne peut pas tenir. Il ne se présente pas sous un visage différent selon l’interlocuteur. Cette verticalité, rare en politique, est l’une de ses marques les plus distinctives.

Sa nomination au poste de Coordonnateur national du parti En Avant, annoncée le 28 février 2026 à Pétion-Ville lors du Premier Congrès national du parti, est venue confirmer ce que beaucoup pressentaient depuis un moment : que cet homme du Nord était en train de prendre une place sérieuse sur l’échiquier politique national.

« Le renouveau n’est pas un slogan. C’est une méthode. C’est la discipline, la compétence et l’intégrité mises au service de la nation. »

Frantz Azémar, discours au Premier Congrès national d’En Avant, 28 février 2026

Lorsque Frantz Azémar prend la parole, il ne perd pas de temps en grandes envolées lyriques. Il parle de sécurité publique, d’élections crédibles et inclusives, de renforcement des institutions républicaines, d’appui aux jeunes entrepreneurs et aux petites entreprises, de gouvernance transparente. Des sujets concrets, que les Haïtiens vivent au quotidien.

Son parcours d’agronome et d’enseignant lui donne une lecture du développement qui dépasse les seules sphères politiques. Il comprend que les problèmes haïtiens sont profonds, entremêlés, et que les solutions ne peuvent pas être importées ou improvisées. Elles doivent être construites localement, par des femmes et des hommes qui connaissent le terrain.

Pour le parti En Avant, qui revendique un renouvellement générationnel structuré et responsable, il succède à Jerry Tardieu, désormais Président du Conseil d’Orientation Stratégique. Ce passage de témoin est en lui-même un signal : la jeunesse haïtienne n’est plus seulement invitée à participer, elle est invitée à diriger.

Au Cap-Haïtien, où la fierté locale est forte et où la méfiance envers la classe politique de Port-au-Prince est bien réelle, Frantz Azémar représente quelque chose de précieux. Il est l’un des leurs. Un enfant du Nord qui n’a pas quitté son monde pour briller ailleurs, mais qui a choisi de s’en nourrir pour construire quelque chose d’utile.

Son nom circule dans les cercles jeunes comme une possibilité sérieuse. Pas encore une certitude. Mais dans un pays où les espoirs se font rares, même une possibilité sérieuse mérite d’être suivie avec attention.

Haïti a connu beaucoup de politiciens. Elle a rarement connu des bâtisseurs. Frantz Azémar, pour l’heure, ressemble davantage à la seconde catégorie. Et c’est précisément ce qui, dans les couloirs d’En Avant comme dans les rues du Cap-Haïtien, donne à son nom une résonance particulière.

PORTRAIT · POLITIQUE · HAÏTI