Quarante-huit heures après le massacre de Kenscoff, où plus de quarante personnes ont perdu la vie dans la nuit de dimanche à lundi, aucune opération d’envergure des forces de l’ordre n’a été signalée dans la zone. Les proches des victimes dénoncent un laxisme de l’État face à une tragédie qui s’ajoute à une longue série d’attaques dans cette commune des hauteurs de Port-au-Prince.

Selon les autorités locales, citées par plusieurs médias haïtiens et internationaux, l’attaque a été perpétrée par la coalition Viv Ansanm, qui cible Kenscoff depuis plusieurs mois en raison de sa position stratégique surplombant les routes menant vers Pétion-Ville. Le bureau du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, a condamné lundi ce qu’il a qualifié d’attaque odieuse et affirmé que des renforts avaient été déployés sur le territoire.

Sur le terrain pourtant, la population affirme se sentir abandonnée. Des citoyens interrogés par la presse expriment leur détresse face à la séquestration de plusieurs familles et réclament la libération immédiate des personnes encore retenues par les assaillants. Pour nombre d’entre eux, ce massacre représente une provocation de trop de la part des groupes armés à l’endroit des dirigeants, dont le devoir constitutionnel est de protéger la population civile.

L’absence de riposte visible interroge directement les responsabilités du Premier ministre Fils-Aimé et du directeur général de la Police nationale, Vladimir Paraison. Si des opérations concrètes ne sont pas engagées rapidement sur le terrain, c’est la population qui continuera de payer le prix du sang. Kenscoff, déjà endeuillé par des attaques similaires en janvier 2025, illustre une fois de plus les limites de la réponse sécuritaire de l’État haïtien face à l’expansion des gangs armés.