À entendre les responsables de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), les travaux d’installation de conduites d’eau dans les rues du Cap-Haïtien devaient laisser derrière eux des infrastructures entièrement réhabilitées. Pourtant, les images des chantiers racontent une tout autre histoire. Elles montrent des interventions qui soulèvent de sérieuses interrogations sur la qualité des travaux réalisés et sur le respect des normes techniques attendues dans un projet financé par des partenaires internationaux.
La réhabilitation des chaussées apparaît, à plusieurs endroits, inégale et approximative. Des portions d’asphalte semblent avoir été appliquées sans finition uniforme, donnant l’impression d’un travail exécuté dans la précipitation. Pour de nombreux habitants, ces réparations sont loin de répondre aux standards que devrait garantir un projet d’une telle envergure.







Cap-Haïtien, le 12 juillet 2026 — Ces images ont été captées par un journaliste de la plateforme numérique Midi Post sur la route Espagnole, au Cap-Haïtien, lors d’un reportage réalisé dans la zone.
La DINEPA affirme pourtant que chaque tronçon endommagé sera remis dans son état initial, qu’il s’agisse de béton ou d’asphalte, afin d’assurer l’accès futur à l’eau potable. Si cet objectif est essentiel et largement partagé, il ne saurait justifier des travaux dont la qualité est aujourd’hui remise en question par une partie de la population. Le développement ne peut être durable que si les infrastructures sont réalisées avec rigueur et professionnalisme.
Les critiques se tournent également vers les responsables de l’institution. Sous la direction générale de l’ingénieur Théophil Ostinvil et la supervision régionale de l’OREPA Nord assurée par l’ingénieur Pierre Bernadin Poisson, la population est en droit d’attendre des travaux conformes aux normes techniques et un contrôle rigoureux de leur exécution. Lorsque des projets financés par des bailleurs internationaux sont mis en œuvre, chaque dépense devrait se traduire par des infrastructures solides, durables et au service des citoyens.

Des critiques visent l’ingénieur Théophil Ostinvil et l’ingénieur Pierre Bernadin Poisson. La population attend des travaux durables, conformes aux normes et rigoureusement contrôlés.
Un autre élément interpelle : le silence des autorités municipales. Alors que les critiques se multiplient sur l’état des rues après les interventions, aucune prise de position publique ni mesure visible ne semble avoir été annoncée pour exiger des correctifs ou un meilleur contrôle des travaux. Cette absence de réaction nourrit le sentiment d’abandon exprimé par de nombreux Capois.
L’accès à l’eau potable constitue une priorité incontestable. Toutefois, cet objectif ne doit pas se faire au prix d’infrastructures dégradées ou de réparations jugées insuffisantes. Les citoyens du Cap-Haïtien sont en droit d’exiger des travaux de qualité, exécutés dans le respect des normes, de la transparence dans l’utilisation des fonds publics et internationaux, ainsi qu’une véritable reddition de comptes de la part des institutions concernées.
