Par un décret signé le 6 mai 2026 au Palais National et rendu public le 15 mai 2026, le gouvernement haïtien a officiellement nommé Michel Saint-Croix à la tête de la municipalité du Cap-Haïtien, en remplacement de Madame Engeline Bell, qui avait assumé la direction de la commune pendant environ sept mois. Ce retour aux affaires locales n’est pas anodin : il intervient dans une conjoncture particulièrement sombre pour la deuxième ville d’Haïti, une cité qui agonise sous le poids d’une crise environnementale, sanitaire et économique profonde.

Michel Saint-Croix reprend les rênes d’un Cap-Haïtien en crise
Cap-Haïtien suffoque. Les ordures envahissent les artères de la ville, s’amoncellent aux carrefours, débordent dans les canaux de drainage. Faute d’un système de collecte efficace et fonctionnel, les déchets cohabitent au quotidien avec les habitants, transformant certains quartiers en véritables décharges à ciel ouvert, devenus des foyers de maladies et de misère. Sur le plan sanitaire, la situation demeure alarmante, avec une population vulnérable exposée à des risques croissants liés à l’insalubrité ambiante permanente.
L’obscurité, elle aussi, s’est installée durablement dans la ville. L’électricité est devenue une denrée rare, voire inexistante pour une grande partie des Capois, paralysant commerces, hôpitaux et ménages. Quant aux routes, elles sont dans un état de délabrement avancé : nids-de-poule béants, tranchées abandonnées, chaussées entièrement défoncées. Se déplacer dans la ville relève du parcours du combattant, freinant toute dynamique économique et isolant davantage les quartiers les plus périphériques.
C’est dans ce tableau désolant que Michel Saint-Croix effectue son retour. Visage familier de l’administration capoise, il avait déjà exercé la fonction de maire il y a environ quinze ans, aux alentours de 2010. Sa nomination a été accueillie avec un enthousiasme notable par une large frange de la population, qui voit en lui un homme d’expérience capable de redonner un souffle à une ville à bout de forces.
Reste à transformer cet espoir en actes concrets. La tâche est colossale, les ressources très limitées, et les attentes de la population immenses. Le Cap-Haïtien attend des résultats.
