À l’approche de la période des examens, des enseignants de l’École Professionnelle du Cap-Haïtien (EPCH) expriment leur mécontentement face aux conditions de travail et au manque de matériel destiné aux séances pratiques. Ils dénoncent également ce qu’ils qualifient de mauvaise gestion administrative.

Fondée il y a près d’un siècle, l’institution fait face à de nombreux défis liés à la reconstruction de ses bâtiments et à l’insuffisance de matériel pédagogique. Selon plusieurs enseignants, ces difficultés compromettent le bon déroulement des activités académiques.

Institution centenaire en crise : bâtiments à reconstruire et manque de matériel perturbent les cours.

« Nous ne pouvons pas avancer uniquement avec la théorie. Les élèves doivent pratiquer pour maîtriser leur métier. Tant que le directeur ne prend pas des mesures concrètes, les séances de pratique ne pourront pas dérouler » a déclaré un professeur de la construction de bâtiment.

Plusieurs professeurs, notamment dans les filières construction, mécanique, ébénisterie, plomberie et informatique Windows, ont manifesté leur désaccord face au fonctionnement actuel de l’administration Aristhène Sirise.

Au sein du bureau de la comptabilité, Mme Eugène Fanise, comptable de l’établissement, a également exprimé son inquiétude. Elle affirme avoir remis 50 000 gourdes à un professeur  mécanique pour l’acquisition de matériel pratique, dans le but de faciliter l’apprentissage des élèves. « Des apprenants(es) viennent de différentes communes et paient la somme de 20 000 gourdes pour apprendre un métier », a-t-elle clarifier, ajoutant que le directeur est absent de l’établissement depuis des semaine.

Le directeur Sirise, affirme toujours envers les étudiants certaines dépenses au sein d’EPCH, notamment :

1 700 000 gourdes pour des travaux de peinture 

1 200 000 gourdes pour l’achat d’une douzaine de bancs 

1 000 000 gourdes pour des travaux liés aux toilettes 

ainsi que d’autres montants évoqués pour l’organisation d’activités. Par ailleurs, plusieurs élèves ne disposeraient pas de blouses, de gilets, de badges ni de mobilier adéquat.

Des fermetures de classes ont été annoncées à plusieurs reprises, suscitant la colère des enseignants et des étudiants. N’ayant pas obtenu satisfaction après plusieurs démarches, certains envisagent d’organiser d’autres mouvements dans la cour de l’établissement dans les jours à venir.

Le directeur, Aristhène Sirise, 39 ans au poste de directeur, ancien étudiant en couture et n’a pas encore répondu aux sollicitations. Malgré ces tensions, l’École Professionnelle du Cap-Haïtien demeure l’un des principaux établissements publics de formation professionnelle dans le département du Nord.