Il avait 20 ans. Il venait à peine de commencer sa vie universitaire. Lundi 31 août 2026, avant 8h45 du matin, Pierre Damas Bel a garé sa Toyota Avalon blanche, modèle 2006, sur le bas-côté de l’autoroute I-70 Westbound, non loin de State Route 54, dans l’Ohio. Selon les premiers éléments communiqués par le bureau de patrouille routière de l’État, le jeune homme est descendu de son véhicule et s’est engagé sur la voie, en direction de l’ouest. Un camion-remorque l’a alors percuté. Il est mort sur le coup.

Son père, Pierre Ronald Bel, venu récupérer le véhicule après l’accident, a retrouvé le téléphone de son fils à même le sol, sur la scène du drame. Selon James P. Fleurijean, de l’organisation Haitian Community Help & Support Center, l’appareil, verrouillé et quasiment détruit, reste pour l’instant inaccessible à la famille.

Damas portait, au moment de sa mort, son bracelet électronique ICE. Selon son père, le jeune homme se disait mal à l’aise et humilié à l’université à cause de ce dispositif. Entré aux États-Unis en 2024 dans le cadre du programme Parole de l’administration Biden, il faisait l’objet d’une procédure d’immigration en cours et portait ce bracelet depuis le 29 juillet 2026.

Interrogé par NBC4, un porte-parole du Département de la Sécurité intérieure (DHS), dont le nom n’a pas été communiqué, a refusé de commenter directement les circonstances du drame. Il a rappelé qu’un migrant en situation irrégulière dispose d’une option légale : se déporter lui-même via l’application CBP Home, ajoutant qu’aucun migrant n’est obligé de rester aux États-Unis avec un bracelet électronique s’il ne s’y sent pas à l’aise.

Le corps de Pierre Damas Bel a été remis à sa famille mardi 1er septembre sans le bracelet ICE. Il repose désormais dans une morgue privée. Autour des Bel, les leaders communautaires et religieux de Springfield s’organisent pour fixer, d’ici la fin de la semaine, une date pour les funérailles. Le père du jeune homme dit vouloir tout vendre et rentrer vivre en Haïti avec ce qui reste de sa famille.

Un jeune homme de plus, une douleur de plus, dans une communauté haïtienne qui, depuis le retour de Donald Trump, porte le poids d’une peur devenue quotidienne.