Après une forte pluie qui s’est abattue dans la nuit du samedi 6 Septembre 2025 sur la ville du Cap-Haïtien, plusieurs quartiers se sont retrouvés plongés dans le chaos. Sur la route nationale #6, à l’entrée Est de la deuxième ville du pays, notamment dans la zone de Petite-Anse (3e section communale), plusieurs ruelles sont devenues impraticables en quelques minutes seulement. Les canaux ont débordé et les eaux stagnantes ont envahi les rues. Les piétons s’improvisent des jeux de marelle pour éviter la boue, tandis que les ruelles défoncées et encombrées de déchets plastiques témoignent de l’absence de gestion municipale.

Ruelle Capoise : boue, flaques, glissant. Impossible à traverser après l’averse – danger total ! Cette image a été prise le matin du 7 septembre 2025

Dans le quartier de la Ruelle Capoise, l’une des zones les plus fréquentées, la situation est tout aussi alarmante : rues bloquées par les eaux et les déchets. Le même décor s’impose à l’entrée Sud de la ville, sur la route nationale #1 : routes inondées, nids-de-poule béants, canaux obstrués et eaux souillées débordant de détritus. Les habitants, livrés à eux-mêmes, improvisent des passerelles de fortune avec des pierres et des blocs pour accéder à leurs maisons. À chaque passage de gros véhicules, les piétons se réfugient sur les bords, tant il est difficile de marcher sur la voie principale.

Ruelle Capoise, Après une légère pluie même les maisons ne sont pas épargnées

Dans d’autres quartiers, la situation n’est guère meilleure. Les véhicules avancent au pas pour éviter les crevasses et les zones inondées. Les motocyclistes, eux, roulent les pieds trempant dans l’eau. Pour continuer leurs activités, les résidents n’ont d’autre choix que de poser des pierres afin de créer des passages précaires menant à leurs étals.

Les véhicules avancent au pas pour éviter les crevasses et les zones inondées.

Ce dimanche matin, plusieurs familles, valises à la main et pieds dans l’eau, ont été contraintes de quitter leur domicile pour se rendre à l’église. Dans certains quartiers inondés, les portes des temples se sont quand même ouvertes malgré la difficulté d’accès. Des familles entières se voient ainsi piégées par des conditions de vie de plus en plus intenables.

Dimanche matin, familles valises en main ont quitté leur domicile inondé pour rejoindre l’église.​​​​​​​​​​​​​​​​

Face à cette situation récurrente, les habitants de Connassa, Fort Saint-Michel, Guy Malary, Petite-Anse, Sainte-Philomène, Cité du Peuple, Champin, Vertières et Charrier lancent un cri d’alarme. Ils appellent les autorités locales à agir rapidement : réhabiliter les routes, déboucher les canaux et aménager un véritable système de drainage pour offrir enfin de meilleures conditions de vie aux populations de ces quartiers.