La délocalisation de la 16e édition des “Mardis de la Nation” au Cap-Haïtien le mardi 8 juillet 2025 devait marquer un tournant pour le secteur touristique haïtien. Pourtant, derrière les discours officiels du ministre du Tourisme John Herrick Dessources et du secrétaire d’État à la Communication Bendgy Tilias, se dessine un contraste saisissant entre les ambitions affichées et la réalité d’une ville en perdition.

La conférence de presse organisée dans la deuxième ville du pays s’est contentée d’énumérer des intentions générales : “appuyer les investisseurs”, “faire la promotion touristique”, “valoriser les sites touristiques”. Ces formulations vagues ne révèlent aucune stratégie opérationnelle précise, aucun calendrier d’exécution, ni budget alloué à ces initiatives.

L’annonce de l’ouverture d’un nouveau bureau départemental “probablement dans le Nord-Ouest ou les Nippes” illustre parfaitement cette improvisation. Comment peut-on annoncer sérieusement un projet sans même en déterminer la localisation exacte ? Cette incertitude révèle un manque flagrant de préparation et de planification.

Le choix du Cap-Haïtien pour promouvoir la relance touristique relève de l’ironie tragique. Cette ville historique, jadis perle du nord d’Haïti, sombre aujourd’hui dans l’insalubrité et l’abandon. Les rues sont plongées dans l’obscurité, les infrastructures de base font défaut, et les problèmes environnementaux s’accumulent sans solution. Comment peut-on sérieusement parler de développement touristique dans une ville où les conditions de vie des habitants se dégradent quotidiennement ? Les autorités semblent déconnectées de la réalité locale, préférant les effets d’annonce aux actions concrètes.

Cette photo a été prise à la rue 17 I J par notre photographe le vendredi 4 juillet 2025 à 3 h 21 minutes, montrant une benne pleine de déchets.

La présence du secrétaire d’État à la Communication Bendgy Tilias aux côtés du délégué départemental du Nord Marc Présumé témoigne d’une volonté de médiatisation plus que d’action réelle. Les “Mardis de la Nation” deviennent ainsi un exercice de communication politique dans une ville qui aurait plutôt besoin d’investissements urgents en électricité, assainissement et sécurité.

Bendgy Tilias et Marc Présumé affichent une volonté de médiatisation, non d’action réelle.

Parler de “rénovation des bâtiments logeant les bureaux départementaux” et de “réhabilitation des écoles de formation touristique” dans un contexte de crise généralisée soulève des questions légitimes sur les priorités gouvernementales. Ces projets, aussi louables soient-ils, peuvent-ils réellement se concrétiser sans une amélioration préalable des conditions de vie des populations locales ?

Le Cap-Haïtien mérite mieux que des promesses creuses débitées lors d’événements médiatiques. Cette ville historique, riche de son patrimoine culturel et architectural, nécessite une approche holistique qui traite d’abord les problèmes fondamentaux avant d’envisager un développement touristique durable.

L’exercice du 8 juillet 2025 ressemble davantage à une opération de communication politique qu’à un véritable plan de relance. Les habitants du Cap-Haïtien et les acteurs du secteur touristique attendront encore des actions concrètes.