Le département du Centre d’Haïti est devenu le théâtre d’une violence intense ces dernières semaines, poussant plus de 50 000 personnes à fuir leurs habitations en laissant derrière eux un bilan tragique de 76 morts. Les écoles et les bâtiments de l’État de la région sont désormais fermés par les affrontements entre les gangs armés, surnommé « viv ansanm » plongeant la population dans une situation humanitaire misérable.

Photo: France Info

Depuis plusieurs mois, les assauts ont perpétué, le Centre d’Haïti connaît une montée en flèche de la violence, exacerbée par les rivalités entre gangs à sapates. La situation s’est rapidement dégradée, les deux villes les plus importantes du centre dont Hinche et Mirebalais se trouvent dans un pétrin. Avec la fréquentation de plus en plus de la population dans la route de Mirebalais pour se jeter dans le grand nord, leur vie ne sont pas épargnées.

Les gangs ont en leur main des armes de gros calibres, les tirs sont quotidiens et il est devenu pratiquement difficile à prévoir de déplacer plus de 500 détenus. La ville de Mirebalais, est l’une des plus touchées par cette crise en particulier la station de service et le commissariat de police incendiés.

Selon la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC), les affrontements ont éteints la vie de 76 personnes. Sur un bilan récent de L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) compte 51 466 déplacés internes, soit plus de 10 000 ménages.

Les affrontements ont contraint des milliers de personnes à abandonner leurs maisons pour fuir la violence. La majorité d’entre eux se concentrent à Boucan Carré, Hinche, Lascahobas, Savanette et sont même hébergés par des proches et souvent dans des conditions de grande précarité. Les camps des déplacés manquent de tout: nourriture, eau potable, soins médicaux. Les familles sont entassées dans des espaces exigus, exposées à des maladies virulentes. 

En raison de la présence des gangs armés et de nombreuses barricades sur les routes, il est devenu extrêmement difficile pour la population de quitter la capitale où certaines écoles et hôpitaux sont désormais submergées par l’afflux de personnes.

Face à l’ampleur de la crise, des appels à l’aide ont été lancés par les autorités locales et les organisations humanitaires internationales. Le gouvernement haïtien, déjà confronté à de défis multiples  économiques et politiques, peine à répondre à la situation. Les Nations Unies et d’autres acteurs internationaux ont promis des aides financières et matérielles, mais la situation d’Haïti reste encore très critique.