Le marché Pont Neuf, situé à l’entrée est de la ville du Cap-Haïtien, plus précisément dans la zone communément appelée « Lòt Bò Pon » voit les marchands s’étendent progressivement sur la route nationale numéro 6. Malgré plusieurs tentatives des autorités locales pour les éloigner, ces commerçants, sans autre alternative pour subvenir à leurs besoins, continuent de s’installer sur la voie publique.

Casquettes, morceaux de toiles, parapluies, sacs de voyage… Les marchandises des vendeurs de rue continuent d’envahir les trottoirs et avance peu à peu sur la route nationale qui nous mène à la rue 5 A boulevard. Des déchets, des boues et des trous ralentissent les motards à trois roues et les voitures, ce qui rend la circulation misérable. Cependant, malgré ce grave problème, bon nombre de citoyens continuent de fréquenter cet endroit pour acheter.

Les vendeurs de rue occupent les trottoirs et la route, gênant la circulation, mais attirent toujours.

Chassés à plusieurs reprises, les commerçants de Pont Neuf remontent leur étal sous l’œil vigilant de la mairie et des policiers. « Je vends des œufs, des sachets de bonbons et des chaussures. On a écrasé ma table, alors je suis en train d’en installer une autre », a déclaré une marchande de bonbons.

Face aux mauvais comportements des autorités locales, les commerçants se plaignent. « Nous n’avons pas d’autre endroit pour vivre. Chaque fois que les agents de la mairie apparaissent, nous ne pouvons plus rester. Nous sommes obligés de partir. On ne fait qu’enregistrer des pertes de marchandises », explique une marchande de papayes. « Avec de l’argent emprunter pour faire un petit commerce, donner à nos enfants à manger le peu, et les envoyer à l’école pour ne pas devenir des bandits, ils nous repoussent et nous empêchent d’installer », poursuit-elle.

Cette vendeuse de riz souhaite intégrer un marché formel, à condition qu’il valorise son activité.

Cette marchande de riz se dit prête à partir dans un marché formel à condition qu’il valorise son commerce de produits alimentaires. « Personne ne choisit de vendre dans la rue comme ça. Mais dans le bâtiment qu’on nous propose, il n’y a pas assez d’espace pour nous accueillir. Il nous faut un marché de bonne qualité et une bonne visibilité pour que nos produits soient bien installés et que les clients puissent venir nous voir », a-t-elle scandé.

Le marché Pont Neuf s’étend sur la route, malgré les tentatives des autorités pour déloger les marchands.

Un peu plus loin, assise sur le sol derrière son étal de vivres. Rita dénonce la façon dont les paiements sont gérés. « Ils viennent ici les mardi, jeudi et samedi pour collecter 50 gourdes afin de ramasser et nettoyer l’espace. Ceux qui ont plus de marchandises paient un prix plus élevé. On ne sait pas si c’est la mairie ou des bandits », ce que Rita trouve anormal.

Avec l’opération d’asphaltage, la route qui débute de la zone de Carrefour Aéroport au boulevard de la rue 5 s’est arrêtée à Conasa. Sans aucune préparation pour eux, la mairesse Yvrose a strictement interdit à tous les vendeurs d’étaler leurs marchandises sur la route principale. Les commerçants font face à des coups de bâton de la police pour les expulser de l’espace, et ils en reviennent le lendemain à chercher vie.

John Clawootson OZÉRUS