La nouvelle a pris de court de nombreux citoyens : Yvrose Pierre, figure emblématique de la municipalité du Cap-Haïtien, a annoncé sa démission. Dans une note adressée à la “population capoise”, la mairesse sortante a officialisé son départ, dressant le bilan d’un mandat débuté en 2019, marqué par des défis sécuritaires majeurs et une volonté de transformation profonde de la deuxième ville du pays.

Dès le début de son message, Mme Pierre souligne que son service à la tête de cette “ville historique, berceau de notre identité nationale” fut pour elle “un honneur et une mission de vie”. Elle rappelle le contexte difficile dans lequel son administration a dû évoluer, décrivant Haïti comme un “pays marqué par l’instabilité et l’insécurité”. Dans ce climat, faire du Cap-Haïtien un “véritable havre de paix” était sa priorité absolue, une condition indispensable, selon elle, pour attirer à nouveau visiteurs et partenaires, et surtout, pour “redonner confiance aux Capois eux-mêmes”.

Un bilan entre sécurité, développement et rayonnement international

Au cœur de son bilan, Yvrose Pierre met en avant plusieurs réalisations concrètes. Sur le plan des infrastructures et de la gouvernance, elle cite :

• Le lancement de projets routiers destinés à améliorer la mobilité.

• Une réforme administrative basée sur le recrutement de professionnels par concours pour une gouvernance “moderne, transparente et efficace”.

• L’adoption d’un Plan Communal de Développement pour guider l’avenir de la ville.

• La mise en place d’un centre de traitement des déchets à Mouchinette, visant à rendre la ville “plus propre et plus saine”.

• Le projet de transformation de la Maison Anténor Firmin en un Centre Culturel Mémoriel et Polyvalent (CCMPCH).

Sur la scène internationale, la mairesse sortante se félicite d’avoir renforcé la présence du Cap-Haïtien. Elle mentionne l’implication de la ville dans des réseaux comme l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), des jumelages stratégiques avec des villes aux États-Unis et au Bénin, ainsi qu’une reconnaissance mondiale via sa sélection parmi les 50 finalistes du Mayors Challenge de Bloomberg Philanthropies.

Yvrose Pierre assure que son départ de la mairie ne signifie pas la fin de son engagement public. Elle promet de continuer à porter la cause de la présence des femmes dans toutes les sphères du pouvoir, se disant “convaincue qu’Haïti ne pourra avancer que si les femmes y occupent la place qui leur revient de droit”.

Sa lettre, elle exprime sa gratitude envers ses collaborateurs, les partenaires locaux et internationaux, ainsi que la diaspora, affirmant avec espoir : “Ensemble, nous avons montré que l’espoir est toujours possible. Continuons à bâtir, à rêver et à avancer.” Elle quitte ses fonctions en se déclarant déterminée à continuer de faire entendre la voix de sa ville et de sa région dans les grandes décisions nationales.